Le président du Medef a déploré l'idée "baguette magique" défendue par le banquier d'affaires, qui a affiché ses convergences avec LFI en plaidant pour l'annulation d'une partie de la dette française.
Patrick Martin, le 27 janvier 2026, à Paris ( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )
"C'est la baguette magique, c'est la pierre philosophale, c'est le fil à couper le beurre, c'est tout ce que vous voulez". Interrogé sur l'idée défendue par le camp insoumis de tour à tour "foutre au feu" puis congeler la partie de la dette française détenue par la Banque de France pour soulager les finances publiques, le président du Medef a dénoncé mercredi 26 août une "vue de l'esprit" alimentée notamment par le banquier millionaire Matthieu Pigasse.
L'homme de gauche revendiqué, qui a mené des activités dans la restructuration des dettes de la Grèce, l'Ukraine ou de l'Argentine, a ainsi affirmé que "le mur de la dette n'existe pas". "C'est un argument idéologique imposé pour nous dire qu'on ne peut rien faire", a t-il ainsi jugeant "possible économiquement" l'idée de ne pas rembourser une partie de la dette publique.
"Monsieur Pigasse, qui a fait une énorme fortune grâce à la faillite des États, songe peut-être à la même chose pour la France", a lancé Patrick Martin à l'antenne de France Inter , rappelant au passage le cas historique des "assignats" sous la Révolution française. Cette monnaie fiduciaire avait été créée en 1789 puis s'était effondrée rapidement, dans un contexte d'hyperinflation, précipitée par la surabondance de papier-monnaie en circulation et sa dépréciation.
Patrick Martin rappelle la part importante des créanciers étrangers dans la dette de la France
"La dette française est majoritairement détenue par des créanciers étrangers. Ce qui n'est pas le cas au Japon ou en Italie, deux pays qui ont également une dette publique énorme", rappelle Patrick Martin (selon l'Agence France-Trésor, 56% des créanciers de la France étaient "non-résidents" fiscaux fin 2025, contre 50,1% en décembre 2022, ndlr) .
"Ces créanciers étrangers nous surveillent attentivement, c'est pour ça que le spread -l'écart de taux entre la France et certains pays, l'Allemagne au premier chef- est en train d'augmenter. Ces créanciers se disent 'on ne va pas se mettre en risque de ne pas être en risque de ne pas être remboursé par la France'", a encore abondé Patrick Martin.
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